
DALVA
Catégorie(s) : Ils ont séjourné ici
France
Du 1er avril au 16 mai 2025
Discipline
Musique
Biographie
DALVA est un artiste originaire de La Rochelle. Violoniste et guitariste, il interprète ses propres chansons régulièrement sur scène depuis plusieurs années, seul ou accompagné de musiciens. De ses chansons expressionnistes et orageuses, surgissent des mots, des phrases, qui projettent l’auditeur dans sa toile. L’écriture poétique est un terrain de jeu : force et musicalité des mots, double-sens et dérision pour écrire des chansons qui s’adressent aux sensations, sans en flécher le sens.
Notre rencontre avec DALVA
Parlotte et musique
La lumière du soleil inonde le bureau de Dalva à la Maison des Écritures, et nous invite à prendre notre temps. Alors on boit du café, on parle, on digresse. Avec Dalva – Johan à l’État civil – nous parlons un peu plus de deux heures, de tout et de rien, « à sauts et à gambades ». Deux heures pour un portrait dont le temps de lecture estimé devrait être d’environ trois minutes.
On parle de sa résidence, du bel écrin que l’auteur-compositeur-interprète offre aux chansons de son quatrième album. On parle écriture, paroles, paroliers. On parle de Boris Bergman et de Jean Fauque, de Bashung et de Christophe, de Léo Ferret et de Jean-Louis Murat, on parle de Dominique A. Johan dit qu’il veut « décentrer sa pratique » et écrire autrement cette fois-ci ses chansons. « Ici, je fais un travail d’orfèvre, pour faire sonner les textes avec lesquels je suis venu. » On parle du temps nécessaire à l’écriture, du temps enfin disponible pour la lecture, et pour la relecture, on parle de Dostoïevski, de Flaubert, de René Char, on parle de Louis Aragon, de Jean Grosjean, on parle de William Faulkner et de Jim Harrisson (et de ce roman qui s’intitule, tiens, Dalva).
C’est court trois minutes pour un portrait. Trois minutes, c’est à peu près le temps d’une chanson. Durant les trois minutes d’une chanson, il peut se jouer un drame ou une comédie. Jacques Brel peut se faire larguer, sa Katie le quitter. On peut voir Bashung dans le Vercors, sauter à l’élastique.
On parle prosodie, tessiture, accent tonique. On parle pieds, vers, mètre. On parle français, on parle anglais. « Un débat dépassé. Beaucoup d’artistes ont montré que le français pouvait groover. La langue s’accommode de tout. » On parle de jazz, de rock, de jazz-rock, de math-rock, de néo-folk, de dub, de trans. On parle de cut-up, de haïkus japonais et de musique anglo-saxonne. On parle influences, on parle de Radiohead, de PJ Harvey, de Fugazzi, de The Falls, de Ghinzu, de Dylan, de Neil Young, de Fink, de Ben Howard. On parle de guitare folk et de picking.
Trois minutes : toute chanson quand elle commence annonce déjà sa fin. Qu’importe que le récit qu’elle porte soit triste ou gai. Qu’importent les subterfuges, les ruses de langage, les détours de mélodie qui seront employés pour ralentir ou accélérer le temps. La chanson est une métaphore de l’agonie.
On parle de parcours. On parle de l’adolescence de Johan, passée à La Rochelle, on parle de classe CHAM et de Conservatoire, on parle de violon, d’abord, et de guitare, ensuite, on parle d’études de droit et d’abandonner le métier d’avocat. On parle de détours. On parle du groupe Opaque Sweet Seagull. On parle de rencontres opportunes, d’affinités artistiques et donc on parle d’Alexandre Varlet. On parle des gars du coin, on parle de Lescop, d’Hildebrandt, de Frànçois and the Atlas Mountains, de Lysistrata. On parle de La Sirène et des Francos, des Limiñanas et d’Albin de la Simone.
Trois minutes. Cent quatre-vingt et quelques secondes ne sont là que pour retarder l’échéance. Tant que l’on chantera, on sera vivant. Ce sont cent quatre-vingt et quelques secondes de précieuse vitalité durant lesquelles doivent et vont se cristalliser toutes les émotions. La chanson remplit cette fonction cathartique. La chanson, comme le portrait, sont des arts métaphysiques.
On parle de retour et d’une ville dont on est parti. On parle de souvenirs d’endroits interlopes, de la Casamance et de l’Harmattan, on parle de la disparition des petites salles. On parle d’un grand vent de propre, de pierres blanches, de rues piétonnes. On parle d’enfant et d’enfance, de nostalgie et d’écriture. On parle du soleil qui n’a pas molli, et du temps que parler nous a pris.
Deux heures, trois minutes.
Philippe Guerry
Projet de résidence
DALVA intègre dans ses compositions une large palette d’inspirations musicales qui cheminent entre la folk, la pop, ou le rock. Il est l’auteur de trois albums dont le dernier ‘Les grandes houles’, réalisé par Yann ARNAUD (DOMINIQUE A, SYD MATTERS, POMME…) est sorti en septembre 2023. Son travail a retenu l’attention de médias comme FIP, France Culture, France Bleu, Rock’n’folk, la RTS La Première en Suisse, la RTBF en Belgique et de nombreux sites musicaux.
Les dates à retenir
Ateliers d’écriture de chansons - 4, 11, 18 et 25 avril 2025
Ces ateliers, conçus pour les passionnés de musique débutants ou confirmés, vous emmènent au cœur de la création musicale. Écriture poétique et chanson se mêlent pour enrichir vos créations, structurer vos paroles et mélodies !
Une chanson au bout des doigts - 14 mai 2025
Si l’alchimie d’une chanson – quelques notes, un rythme, des vers – peut sembler une évidence, sa création nécessite la bonne recette. Parolier, chanteur et musicien, DALVA vous invite dans son univers et sa créativité. Fort de son séjour inspirant à La Rochelle, il retracera l’arc narratif d’une chanson, de la page blanche aux inspirations littéraires jusqu’à la mise en forme sur clavier puis sur cordes. Découvrez les contraintes, défis et astuces, explorés lors de ses ateliers avec le public rochelais. Ce cheminement et ces précieux moments de partage et de création seront illustrés par une chanson collective au bout des doigts.
Photo ©Timothé Favreau