Histoire des écoles normales
« Ce n’est que par le lent travail des siècles que peu à peu, les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l’Église. […] La laïcité est l’héritière des aspirations à la liberté du Siècle des Lumières. Elle plonge ses racines dans le bouleversement révolutionnaire de 1789. »
- Ferdinand Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire (1887-1888).
La loi de 1905, pierre angulaire de la laïcité en France
La loi de séparation des Églises et de l'État, dite aussi loi de 1905 demeure aujourd'hui le texte fondateur du principe de laïcité en France.
L’affaire Dreyfus, qui débute en 1894, provoque un climat de tension entre les radicaux républicains et la droite catholique. C’est dans ce contexte que le projet de loi de séparation des Églises et de l’État est présenté au Parlement. La préparation du projet de loi confiée à la commission Buisson – Briand donne lieu à des débats houleux entre Républicains et Catholiques. On compte 48 séances de discussions entre 1904 et 1905. La loi de 1905 marque la volonté d’Aristide Briand d’aboutir à une loi de compromis qui permet à la fois l’adhésion des catholiques et des anti-cléricaux. Cette loi repose sur deux piliers principaux :
- la liberté de conscience affirmée à l’article premier ;
- la séparation des Églises et de l’État.
Avec la loi de 1905, la souveraineté de la Nation s’affirme. La religion officielle ayant longtemps été le catholicisme, l’athéisme n’était pas reconnu. À partir de 1905, l’État n’a plus de religion. Sa neutralité devient donc une garantie pour l’égalité des citoyens. C’est pourquoi, sans faire référence à la laïcité de façon explicite, la loi de 1905 demeure le texte fondateur de la laïcité en France.
Extrait d'un article publié le 20 juin 2025 par le Ministère de l’Intérieur.
Dernière mise à jour : 15 décembre 2025
