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Le journal du marais

Retrouvez le bimestriel " Le journal du marais de Tasdon", premier numéro de mars 2020.  

Numéro 1 - Mars 2020

Découvrez ci-dessous l'intégralité de l'interview de Nathalie et Philippe, paysagistes et écologues

  • Interview

    Nathalie Cadiou et Philippe Rossier assurent la maîtrise d’œuvre sur le chantier du marais de Tasdon. Paysagistes et écologues au sein de l’Atelier CEPAGE (Conception, Etudes, Paysages et Génie Ecologique), leur travail consiste à concevoir et à suivre l’aménagement de sites naturels. Repérages sur le terrain, inventaire de la faune et de la flore, concertation locale, conception du projet, montage des dossiers, suivi du chantier… leur mission englobe un vaste périmètre. « Nous entrons dans la phase que l’on préfère, témoignent-ils, on recrée des milieux naturels sur un site artificialisé, en imaginant ce que la nature aurait fait. »

    Nathalie : « Nous avons déjà conduit de nombreux projets de création de zones humides, de bassins de rétention d’eaux pluviales à vocation paysagère et écologique. Pour nous, la spécificité du projet sur le Marais de Tasdon est la prise en compte du phénomène des marées, avec la maîtrise fine de la salinité de l’eau par exemple. On a beaucoup travaillé sur la compréhension des systèmes hydrauliques propres aux marais littoraux, et à celui-ci en particulier. Cela paraît simple à première vue de faire revenir de l’eau dans un marais, mais il est nécessaire de rendre cela compatible avec la présence humaine, la préservation des biens, du patrimoine humain et naturel, etc. C’est un vrai travail de dentelière !

    Dans cette tâche compliquée, on a eu un véritable travail de collaboration avec les services de la Ville et, il faut le souligner, avec les habitants, au cours de réunions de concertation très riches, où on sentait un vrai intérêt, une vraie implication des Rochelais quant au devenir de cet espace naturel. »

    Philippe : « Oui, les gens s’épouvantent parfois un peu de nos chantiers, parce qu’on commence bien souvent en effet par faire table rase – même si on essaye autant que l’on peut de conserver ce qui peut et doit l’être. Mais il faut entendre que la nature a un très fort pouvoir de recolonisation. Dans le cas du Marais de Tasdon, on part d’une situation très artificialisée et notre proposition est de retrouver un état antérieur au remblaiement. Ce ne sera sans doute pas exactement comme il était – ce n’est pas possible – mais on va tendre vers une recréation plausible. Et là, effectivement, cela passe par une phase d’enlèvement de certaines choses, mais de certaines choses qui étaient mauvaises, qui étaient présentes pour de mauvaises raisons. Je pense notamment aux plantes envahissantes, comme les cotoneasters par exemple, qui se sont répandues sur ce milieu sec.

    Nous sommes, nous, pour laisser la place aux espèces locales, adaptées à ce milieu de marais. Nous ne sommes pas des grosses brutes qui arrachons sans connaître, nous savons qu’un équilibre naturel va se reformer, et qu’il sera plus riche, du point de vue de la biodiversité, que celui qu’il remplace. »

     

    Nathalie : « C’est assez rare pour d’avoir cette volonté politique de revenir sur des choses qui ont été malencontreusement faites à une époque et de redonner à la nature des surfaces qui avaient été pré-aménagées pour l’urbanisation. C’est très ambitieux et cela permet de redonner du souffle à ce site. L’envergure des travaux et le résultat attendu sont en outre la garantie de laisser cet espace naturel fonctionnel en ville pendant très longtemps. »

Dernière mise à jour : 24 février 2020

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