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Violette Dorange

Du grand bleu, Violette est tombée en amour. Sur les flots dès 7 ans, poussée par le vent et ses parents, la (très) jeune navigatrice n’a cessé de se lancer des défis. À 20 ans elle court au large sous une voile aux couleurs d’Apprentis d’Auteuil* dont elle est la marraine. Pour la jeunesse en difficulté comme pour elle : se dépasser, trouver la confiance en soi et foncer.

Publication : novembre 2021 / Texte : Elian Da Silva Monteiro / Photo : © Julien Chauvet

Lors de notre rencontre, Violette venait de retrouver la terre ferme après une deuxième participation à la Solitaire Le Figaro. L’occasion d’évoquer cette course et de revenir sur son jeune passé…

La première participation avait été un peu brouillonne à cause du confinement. Cette fois j’avais comme objectif de me classer dans les 20. Je suis 19e, donc contente, même si sur l’eau ça a été compliqué. J’avais envie de bien faire et je me suis mise la pression toute seule. Mais cette course m’a permis de grandir, de progresser par rapport à l’an dernier et d’une étape à l’autre. Expérience très positive.

Faisons un peu voile arrière, en 2016 vous avez 15 ans et sur un Optimist vous traversez La Manche. Qu’est-ce qui vous a pris ?

 L’envie de monter un petit défi rigolo jamais  réalisé. Bien entourée, avec un bateau derrière pour gérer les cargos qui croisent, je suis partie pour 15 heures de navigation. J’en garde un super  souvenir.

Et l’année suivante, vous réitérez sur le détroit de Gibraltar…

Là ça a été autre chose. La navigation a été super simple, ça a duré le temps d’un entraînement et je suis arrivée déçue ! J’étais pas fière, j’en ai pleuré. Le soir j’ai réfléchi et je me suis rendu compte que j’avais envie de vraies aventures. J’ai choisi la course au large.

À partir de là vous êtes “La plus jeune femme” toutes catégories : Mini Transat, Solitaire du Figaro…

J’ai pu commencer assez tôt, en effet. Ça permet de prendre de l’avance pour les années à venir ! Quand j’ai récupéré mon 6.50, j’avais 17 ans. Je me suis soudain aperçue que j’étais responsable d’un bateau, que je devais gérer seule ma sécurité, qu’il y avait tout un parcours de qualifications. C’est là que j’ai eu les plus grandes peurs de ma vie, où je me suis vraiment dépassée tout en vivant des moments magiques. Ça a été beaucoup de préparation et la mini a été une grosse expérience.

Qu’est-ce qui vous rattache à La Rochelle ?

J’ai commencé la voile au pôle France, chaque mercredi et samedi. C’est là que j’ai appris plein de choses. Il y a du vrai haut niveau pour les jeunes. Mais j’ai dû rejoindre le pôle de Port-la-Forêt en Bretagne parce qu’à La Rochelle il n’y a pas encore de structure pour la course au large. Quand même j’ai toujours ma licence ici et je garde une attache. Mais ce serait trop bien que quelque chose se développe comme on l’a dit après le Vendée Globe de Bestaven !

Concilier études et pratique sportive n’est pas trop difficile ?

Je fais des études d’ingé à l’INSA de Rennes qui propose un emploi du temps aménagé. L’école est géniale. Ils nous permettent de partir pendant des mois, et de revenir juste pour les partiels.

C’est le vent qui vous fait avancer ou bien la volonté de performance ?

(Rires). Un peu des deux. Dans la famille, avec mon frère, c’était un peu à celui qui ramène le plus de coupes à la maison. Après, c’est le dépassement (de soi-même, pas des autres concurrents) qui est génial. La compétition ET l’aventure… Partir, se sentir libre au large, se dire “Je vais d’un point à un autre par mes propres moyens“. 

La prochaine aventure, c’est être la plus jeune femme du Vendée Globe ? 

Un peu plus que ça !  L’intérêt c’est de parler de la jeunesse, justement, à travers Apprentis d’Auteuil, l’idée c’est de porter tout ce projet de la formation de cette fondation, et de faire avec ça un beau Vendée. Pas forcément avec un bateau tip-top performant, non…  Juste de boucler la course.

Vous vous sentez porteuse d’un message sur l’eau ?

Je ne me sens pas légitime pour ça, mais avoir confiance en soi, se dire qu’en se dépassant on trouve des moyens, et foncer, oui.

Vous vous posez des questions sur la pratique du sport nautique et votre rapport à l’environnement ? 

Notre génération y pense beaucoup et j’essaie de faire de mon mieux. Mes projets voiles sont loin d’être parfaits, il y a plein de choses que l’on pourrait améliorer, il faut réfléchir à des solutions. Je ne veux pas faire de leçons là-dessus mais c’est une question qui me touche et sur mon prochain bateau j’aurai des hydrogénérateurs. Cela dit mon message est plus social, pour aider les jeunes en difficulté et leur redonner confiance. 

 

*La fondation n’est pas un sponsor, c’est un engagement de Violette qui a pour objectif d’offrir à Apprentis d’Auteuil une visibilité médiatique grâce au bateau, et d’aider à la collecte de fonds en faveur des jeunes. 
https://www.apprentis-auteuil.org/actualites/evenements/violette-dorange-navigue-a-nouveau-aux-couleursdapprentis-dauteuil.html

 

Repères

  • 17 avril 2001 : naissance à Rochefort
  • 2015/2016 : entrée à dautet, sport-études au pôle france
  • 2016 : première femme en traversée de la manche, ile de Wight-cherbourg en Optimist
  • 2016/2017 : championne de france 420 - 3e au championnat d’europe 420 et vice-championne du monde jeunes (2017)
  • 2019 : entrée à l’INSA - plus jeune participante à la mini-transat 6.50
  • 2020 : plus jeune participante à la solitaire du Figaro
  • 2021 : transat en double concarneau-saintbarth’ - 19e place à la solitaire du Figaro - annonce son Vendée globe 2024

Dernière mise à jour : 17 janvier 2022

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